J’ai récemment participé à la quatrième édition du concours de nouvelles organisé par L’atelier d’écriture by Christine, autour du thème La banalité du mal.
Parmi les 125 textes reçus cette année, ma nouvelle Comment en sommes-nous arrivés là ? n’a pas été retenue par le jury, mais cette participation reste pour moi une étape importante dans mon cheminement d’écriture.
À travers l’histoire de Ghita, jeune femme devenue mère à son tour, ce texte explore les mécanismes discrets par lesquels les liens familiaux peuvent se défaire lentement : loyautés, silences, récits construits au fil des blessures et impossibilité, parfois, de regarder une histoire autrement que depuis un seul point de vue.
Quelques extraits :
« Les certitudes que j’avais portées jusque-là commençaient à perdre leur netteté. Non pas parce qu’elles étaient fausses, mais parce qu’elles n’étaient peut-être pas les seules possibles. »
« Il ne voulait être qu’un père, et il l’a été avec ce qu’il était : imparfait, exigeant, inquiet. »
« Ce que je venais de lire ne provoquait ni soulagement, ni colère franche. Seulement un trouble persistant. Rien de spectaculaire. Rien d’héroïque. Juste des mots calmes, imparfaits, qui ne cherchaient pas à gagner.
Je me suis surprise à relire certains passages. Puis à les comparer, malgré moi, à ce que j’avais entendu pendant des années. Les certitudes que j’avais portées jusque-là commençaient à perdre leur netteté. Non pas parce qu’elles étaient fausses, mais parce qu’elles n’étaient peut-être pas les seules possibles.
Cette pensée m’a dérangée. Elle m’a presque irritée. Car si mon père n’était pas le monstre que je m’étais habituée à voir, alors il fallait accepter une vérité plus inconfortable encore : celle d’une histoire faite d’erreurs partagées, de blessures mal soignées, de silences accumulés. »
Et cette question qui traverse toute la nouvelle :
« Comment en sommes-nous arrivés là ? »
Je remercie l’équipe de L’atelier d’écriture by Christine pour leur retour encourageant et cette expérience qui me donne envie de continuer à écrire, apprendre et raconter.


