J’ai participé au concours de nouvelles organisé par BookBouquine Éditions autour du thème La liberté au féminin.
Parmi les 150 textes reçus, ma nouvelle La fille qui ne savait ni lire ni écrire n’a pas été retenue pour le second tour. L’organisateur a néanmoins souligné la difficulté de la sélection et encouragé les participants à poursuivre leur travail d’écriture.
À travers l’histoire de Jamila, jeune fille marocaine des années 60 privée d’école et de formation, cette nouvelle tente d’évoquer une liberté empêchée : celle des femmes auxquelles on demandait surtout d’attendre un mariage, sans leur donner les moyens de choisir leur propre vie.
Quelques courts extraits :
« Dans le Maroc des années 60, les filles des familles modestes n’allaient souvent pas à l’école. »
« Je suis dactylographe ! »
« Enfin libres, elles peuvent commencer à écrire leur propre histoire… »
Et un extrait plus long qui résume bien l’un des moments centraux du récit :
« Hamid commença à comprendre. Il avait déjà entendu parler de ces jeunes filles analphabètes qui faisaient rédiger leurs lettres par quelqu’un d’autre. Mais il voulait en avoir le cœur net.
Il laissa passer quelques instants, puis, d’un geste naturel, il sortit un billet de sa poche et le déplia devant elle.
— Tu as vu ? Je crois que le commerçant m’a rendu trop de monnaie. Regarde, c’est bien écrit « cinquante dirhams », non ?
Jamila baissa les yeux vers le billet. Son cœur s’accéléra.
— Euh… oui, peut-être… je ne sais pas trop, répondit-elle en détournant le regard.
Hamid observa sa réaction, le léger trouble dans sa voix, l’hésitation dans ses gestes. Il n’insista pas. Il avait sa réponse. »
Cette participation a été aussi l’occasion pour moi de revenir, par la fiction, sur certaines réalités sociales longtemps vécues dans les quartiers populaires du Maroc : l’analphabétisme féminin, l’attente du mariage, mais aussi la dignité silencieuse de nombreuses femmes qui ont porté leurs familles sans jamais avoir eu accès aux mêmes chances que leurs frères.


