En 2025, j’ai participé à la troisième édition du concours de nouvelles organisé par L’atelier d’écriture by Christine autour du thème Proies et prédateurs.
Ma nouvelle, Sous la loi du plus fort, plonge dans le Casablanca populaire des années 1960 et explore, à travers le regard d’un enfant, les rapports de domination, la vulnérabilité et les silences qui entouraient certaines réalités de l’enfance à cette époque.
Je n’ai malheureusement pas conservé le message exact de l’organisatrice, mais je me souviens qu’elle m’avait indiqué que le texte était arrivé juste après les trois nouvelles retenues, ce qui avait été pour moi un encouragement important à poursuivre l’écriture.
Quelques courts extraits :
« L’école était devenue pour moi bien plus qu’un lieu d’apprentissage : c’était une porte vers un autre monde, loin de la misère qui marquait mon quartier et ma famille. »
« Nous, les enfants, nous voyions tout et nous savions tout, car quand les adultes s’abandonnaient à leurs petites manigances, ils ne prêtaient jamais attention à notre présence. »
« Des proies et des prédateurs. (…) C’est la loi du plus fort. La pauvreté est garce. »
Et un extrait plus long :
« Oui, à partir de ce moment-là, une peur sourde s’était installée en moi, une peur viscérale. Celle qui s’infiltre dans chaque recoin de notre esprit lorsque nous réalisons à quel point notre sécurité peut disparaître en un instant.
Pourtant, malgré cette terreur, je pris la décision de ne rien raconter à mes parents. Pourquoi ? C’était une question qui me hantait, à laquelle je ne trouvais pas de réponse claire. Peut-être à cause de l’interdit, de ce silence pesant qui entourait tout ce qui touchait au corps, au sexe.
Et puis, il y avait cette règle tacite que nous, les enfants, avions comprise très jeunes : ces problèmes-là, nous devions les gérer entre nous, en silence. »
À travers cette nouvelle, j’ai surtout voulu évoquer le silence qui entourait certaines violences dans les quartiers populaires de l’époque, mais aussi la manière dont les enfants percevaient le monde des adultes, souvent sans pouvoir mettre de mots sur ce qu’ils voyaient ou ressentaient.


