Fatima Mernissi, une fierté nationale !

Fatima Mernissi, la sociologue et écrivaine marocaine, est sans conteste la personnalité littéraire marocaine que j’aime le plus. Elle m’a marqué par son oeuvre littéraire, par les résultats de ses recherches universitaires et par ses actions et son engagement pour les droits des femmes et pour le développement de notre pays le Maroc. Elle m’a touché également par son style littéraire, simple et humoristique, qui donne une qualité didactique certaine à ses écrits et à ses interventions lors de conférences.

Née à Fès en 1940 et morte, hélas, à Rabat en 2015, Fatima Mernissi est une grande dame qui a contribué au développement du Maroc et qui a défendu les droits des femmes en terre d’Islam et au delà et qui continue à le faire à travers son héritage riche et diversifié. Etudes sociologiques publiées nationalement et internationalement, vidéos de ses interventions dans les conférences auxquelles elle avait participé durant plusieurs années avant sa mort et bien sûr ses romans et ses essais traduits parfois dans une vingtaine de langues. Beaucoup de lecteurs de par le monde ont lu par exemple son célèbre roman Rêves de femmes : Une enfance au Harem.

L’objet de ce texte n’est pas de donner un résumé de son parcours et de son oeuvre mais de témoigner, en tant que personne ordinaire et en tant que lecteur assidu, de l’impact de ce personnage dans ma vie et aussi ma propre histoire avec ce personnage. N’ayant pas fait  à l’origine, des études de lettres ou dans un domaine se rapprochant de la sociologie, j’ai découvert les écrits de Fatima Mernissi, un peu tardivement, au milieu des années 80 du siècle dernier. Dès le départ, j’ai été impressionné et captivé par son style. A travers ses récits et ses enquêtes, notamment sur les conditions des femmes au Maroc auxquelles j’étais assez sensible dès mon jeune âge, elle me faisais penser à Colombo dans la célèbre série TV de ces années là.

En 1987, j’ai été content et fier de tomber sur ses études et enquêtes sociologiques à la Bibliothèque centrale du Bureau international du Travail (BIT) à Genève où j’ai effectué mon stage de fin d’études en Informatique documentaire. Depuis, j’ai suivi ses écrits et contributions à travers notamment les éditions Le Fennec qui ont publié la plupart de ses livres et dans lesquelles elle avait dirigé plusieurs collections, qui continuent même après sa mort et qui sont  d’une richesse et d’un apport important pour comprendre l’évolution de la société marocaine, pour soutenir le développement du pays et pour aider à la diffusion du livre et du savoir. J’ai adoré tous ses livres publiés au Maroc ou en France mais deux d’entre eux, un peu moins connus, avaient plus attiré mon attention. Il s’agit de :

  • « Chahrazad n’est pas marocaine : autrement, elle serait salariée! », paru en 1991 chez Le Fennec et qui montre, pour moi, surtout l’importance d’un système d’éducation efficace dans l’édification d’un pays et dans la libération de la femme et de l’homme ensemble. Fatima Mernissi a montré un talent immense dans ce livre agrémenté bien sûr par son personnage historique favori de Chahrazad mais aussi par ses réflexions et l’apport de son ouverture à travers ses voyages, notamment au Japon ou le système éducatif est un des plus développé au monde.
  • « Les Aït Débrouille : ONG rurales du Haut-Atlas », paru en 1997 chez Le Fennec, et chez Marsam en 2003. C’est un reportage sur la naissance d’un mouvement civique qui transforme le paysage politique marocain depuis 1995 et qui retrace dans une zone montagneuse du Haut-Atlas occidental, à 100 kilomètres au sud de Marrakech, l’expérience d’une association locale qui s’efforce de prendre en charge les problèmes du village, l’eau notamment.

Au milieu des années 1990, avec le développement de l’Internet et vu ma spécialisation dans la création et le développement des sites Web au sein du BIT, mon rêve était de créer un blog personnel dédié à Fatima Mernissi et ses œuvres. J’avais fait des tentatives, à travers les éditions Le Fennec, pour la rencontrer personnellement mais malheureusement des complications liées notamment à son emploi du temps pendant mes visites estivales au Maroc avaient rendu notre rencontre impossible. Toutefois, grâce à Le Fennec, j’ai pu obtenir l’autorisation de créer tout blog que je désirais sur tout sujet en relation avec les livres de l’écrivaine.  Ainsi j’ai pu réalisé un blog présentant Fatima Mernissi et ses livres en 1998 sur Wanadoo, le célèbre réseau en France à cette époque. J’aurais aimé, bien sûr, réaliser son site officiel qui a vu le jour par la suite et qui a été réalisé par une autre personne ou par une agence.

D’autres occasions allaient se présenter pour que je puisse la rencontrer mais malheureusement elle nous a quitté en 2015. Pour finir, je partage ici une vidéo dans laquelle, à l’occasion du Festival de Fès de la Culture Soufie en 2007, elle avait mené une analyse intéressante à propos de la fin de l’ère industrielle, synonyme d’esclavage, en faveur de la société digitale, qui représente un retour à l’ère artisanale, et ou elle avait manifesté un petit coup de gueule que je vous laisse découvrir.


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